Le Château de Moumour

 

Son Histoire

Son Architecture

Le Château de MoumourPuisqu’il est à l’origine du village, il est normal qu’il soit le premier à nous livrer son histoire.

Lorsqu’on l’approche par les rues du village, il passe inaperçu. Il faut franchir le portail pour le découvrir au fond de ce qu’il reste d’un très beau parc dessiné et créé par M. BULLER et classé par les DOMAINES.

Pour bien comprendre ce qu’il a représenté il faut le voir d’en bas, en arrivant par le chemin du Vert . Il a gardé encore aujourd’hui une part de mystère, un côté majestueux et respectable. Perché sur son rocher, à l’époque des catapultes, flèches et épées, il était inapprochable, imprenable; et, quelle vue on devait avoir de là-haut lorsque l’on sait que son aile ouest n’était autre qu’une haute tour carrée ...

L’éperon rocheux sur lequel a été construit le bâtiment est mentionné pour la première fois au 8 ème et 9ème siècle par un historien qui y signalait un poste de guet avec des abris pour guetteurs et leur famille.

Le pont de César en 1940La peur des invasions, ( nombreuses dans un passé récent ), qui pouvaient remonter par les vallées du Gave et du Vert, justifiaient l’implantation de ce poste. L’axe Oloron - Bayonne, fréquenté par les marchands et les pèlerins, ainsi que la transversale courant sur la rive gauche du Vert, créée par César pour se rendre sur ses terrains de manoeuvres, nécessitaient aussi une surveillance.

Le pont de César aujourd'hui- N.B. : C’est la route de César qui a, en 1465, donné son nom au pont construit sur le Vert et reliant MOUMOUR à cette transversale.

 

 

Les fondations encore visibles entre le château et l’orangerie, témoignent de la présence au 10ème et au 11ème siècle, d’un bâtiment, important pour l’époque et construit en dur. A-t’il été brûlé ? ou détruit ?.... toujours est-il qu’au cours du 12ème siècle et jusqu’au début du 13ème, il a été reconstruit sur les anciennes fondations et à peu près dans la forme que nous lui connaissons sauf qu’il n’avait qu’un étage et que son aile ouest était constituée d’une tour carrée. C’est également à cette époque que la tour pentagonale a été élevée.

Jusqu’au début du 13ème siècle il a été habité par des seigneurs successifs dont le dernier était un MONCADE, frère ou cousin de la nouvelle famille régnante du BEARN. Ce MONCADE, vivant de rapine et de pillage, ne passe pas inaperçu. Il détroussait les marchands et pèlerins traversant le BEARN et agissait à grande échelle puisqu’on parle de lui jusqu’à BIDACHE. Ces actes répétés ne pouvaient laisser indifférent Bernard de MORLANNE, évêque d’ OLORON. Il s’en est plaint à Marguerite de MONCADE, régente en l’absence de son mari Gaston VI, guerroyant en ESPAGNE. Elle n’a pas hésité à destituer le seigneur de Moumour qui s’est vu dépossédé du château. A l’époque les titres de noblesse n’étaient pas héréditaires en BEARN mais attribués par le prince régnant pour récompenser un fait d’arme ou s’attacher les services d’un haut personnage...

Le début du 13ème siècle connaît l’hérésie et la guerre des Albigeois, dirigée par le Comte de TOULOUSE auquel s’est allié le roi d’ARAGON qui a entraîné à sa suite GASTON VI, prince de BEARN. De nombreux actes de violences contre l’église furent commis et ROME envoya de nombreux missionnaires pour essayer d’enrayer cette épidémie jusqu’au jour ou Pierre de CASTELNAU, Légat du Pape, fût assassiné par un officier du Comte de TOULOUSE, en 1208. Les Albigeois, installés à Ste Marie, commirent de nombreux méfaits dont GASTON VI fut tenu pour responsable, et fut excommunié. A l’époque c’était le pire des châtiments, l’infamie suprême. Après avoir fait amende honorable, il oeuvra pour se faire réhabiliter ce qui fut fait en 1214, grâce à l’intervention de Mgr de MORLANNE. Pour le remercier GASTON VI lui donna plusieurs domaines dont la baronnie de MOUMOUR.

Soucieux de sa notoriété, l’évêque s’est inquiété du fait qu’on pouvait associer ces dons avec son intervention auprès du St Siège. (déjà à l’époque on craignait les pots de vin...) Il s’en ouvrit auprès de GASTON VI qui lui écrivit une lettre (déposée aux archives), précisant que ces dons, faits après sa réhabilitation étaient destinés non pas à provoquer l’intervention du prélat mais à le remercier pour son efficacité. (Nuance !...). 

Le château de « MOMOR » allait rester sous le giron des évêques d’OLORON jusqu’à la révolution sauf pendant quelques années, au moment des guerres de Religions. Ils vont utiliser le château comme résidence d’été, lieu de repos, de réunion. Ils vont y mener une vie tranquille rythmée par le va-et-vient des carrosses, chaises à porteurs et autres berlines de poste en jouissant bien sûr de tous les avantages s’y rattachant : Outre le titre de Baron de MOUMOUR, ils bénéficiaient de l’usufruit des métairies en dépendant dont celle, très belle de l’autre côté du vert. Ils étaient également propriétaires du canal et, par la même occasion, du foulon, de la marbrerie et du moulin qu’ils faisaient fonctionner. Ce dernier était de loin le plus important puisqu’il permettait le contrôle de toute la production de blé et millet. Les fors du BEARN exigeaient en effet que les habitants du village aillent obligatoirement faire moudre leur grain au moulin du seigneur sous peine de voir confisquée toute leur récolte....Le seigneur pouvait ainsi calculer les impôts qu’il était chargé de lever pour lui et le vicomte de BEARN.

Endommagé par les guerres de Religions, (16è siècle), le château sera restauré par Monseigneur de REVOL qui arasera la tour carrée au niveau des autres bâtiments, construira une chapelle sur la terrasse du portail d’entrée et le bâtiment dit de l’orangerie avec sa très belle galerie orientée plein sud. L’Evêché sera dépossédé du château en 1789. Il sera vendu le 3 mars 1791, à la famille LAMOTHE D’INCAMPS, avec ses dépendances pour la somme de 89.542 livres. Les nouveaux propriétaires vont rehausser le château d’un étage, abaisser la tour pentagonale de 8 mètres car endommagée par la foudre le 27 juin 1830. Ils vont la doter d’un pseudo mâchicoulis qu’on lui connaissait en 1958. La chapelle sera détruite au 19ème siècle.

Pendant plus de 150 ans, MOUMOUR verra défiler dans ses rues toute la bourgeoisie Oloronnaise et ses environs, venue s’égayer dans le magnifique parc du château, ainsi : le poète NAVARROT, l’architecte LATAPIE ( qui construisit les halles et le palais de justice à PAU), M. BOURRA, l’architecte qui dirigea la construction des ports de BAYONNE....

Les déboires pécuniers, la guerre, sonneront le déclin du château qui deviendra colonie de vacances puis sera revendu, dépouillé et laissé plus ou moins à l’abandon...

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