L’église St Jean Baptiste

Son Architecture

Son Histoire

La Chapelle Ste Hélène

L'église, l'âme du villageComme un autre village célèbre, MOUMOUR a eu ses deux églises ; St Jean-Baptiste et Ste Hélène, église primitive disparue aujourd'hui dont nous reparlerons plus tard.

Que sont les villages béarnais, comme MOUMOUR, vus de loin : ce sont des toits, dégringolants d'ardoises, les uns sur les autres, resserrés, comme pour se donner chaud côte à côte.Les toits en ardoise grise

Mais que serait ce ramassis de toits noirs sans église ? Un lieu sans personnalité, alors que, au contraire, on dirait qu'ils ont été rassemblés là pour mettre en valeur son élégante silhouette.

Elle est belle, avec son toit d'ardoises, son crépit neuf, son clocher aux pierres de pays apparentes. Elle semble avoir été posée précieusement sur son promontoire, par un architecte soucieux de donner un cœur, une âme au village. Elle rythme nos journées, elle signale nos joies et nos peines, elle caractérise MOUMOUR, elle est quelque part MOUMOUR ….

Le clocher de L'égliseGrâce à ses fondations, à la meurtrière visible dans la sacristie, nous savons qu'elle a été construite à la fin du 12ème siècle, comme la plupart des églises du Béarn, grâce en partie à l'argent ramené par Gaston IV des guerres contre les musulmans en Espagne.

Elle nous apprend que MOUMOUR, déjà à cette époque, était une communauté importante et structurée justifiant la construction d'une église et surtout pouvant supporter son financement, car à cette époque rien ne se faisait sans argent.

Les pierres de la construction proviennent de la même carrière que celle de Sauveterre. Son toit actuellement en ardoise, était vraisemblablement autrefois, en bardeaux.

De forme parallélépipédique, avec un clocher carré couvrant le porche d'entrée, elle possédait jusqu'à la fin du 19ème siècle 4 chapelles latérales : deux dédiées à St Jean-Baptiste et à la Vierge, les deux autres aux âmes du purgatoire et à Ste Marie Magdeleine. Ces deux dernières ont été détruites dans les années 1890-1900. Leur toiture prenait l'eau et l'argent manquait pour les refaire….

Au milieu du 16ème siècle, comme toute les églises du Béarn, au moment des guerres de religions, elle a été en partie détruite. Elle a été, après la cathédrale Ste Marie, la première reconstruite, (1630-1650), MOUMOUR étant résidence d'été des Évêques d'Oloron. En 1660 la Confrérie du St SACREMENT, se réunissait dans la chapelle de la Vierge.

Elle a été profondément remaniée en 1750 : construction de la sacristie actuelle pour dégager et agrandir le chœur afin que l'évêque puisse y tenir synodes et y célébrer des ordinations.

Plusieurs historiens parlent d'une entrée latérale réservée aux Cagots, sans autre précision. Peut-être y avait-il une porte dans l'une des chapelles détruites ?

Illuminée la nuit!C'est le coût de son entretien qui nous permet d'avoir de nombreux renseignements datés sur notre église.

1370 : L'église paroissiale de St Jean-Baptiste abrite en sa chapelle Ste Marie Magdeleine, une prébende, créee par AUGIER de LEDEUIX, gendre de la maison BOLAUC et solidement tenue par les cadets de la maison CARRERE-GASSIE. Ils se plaignent du fait que cette église est moins fréquentée que le sanctuaire primitif de Ste Hélène qui reste centre baptismal et continue de capter une part des intentions pieuses.

1465: La confrérie Ste CATHERINE de l'église St Jean-Baptiste prête de l'argent à la communauté des "vésis" de MOUMOUR pour finir de payer la construction du pont de César. Elle est tenue par Ramon GARII.

1530: La communauté des "vésis" créé une taxe sur la vente du vin (déjà !) ainsi que des porcs - bœufs, cabris à l'exception des chevaux - moutons et ânes, pour payer les réparations nécessaires de l'église.

1630 -1650: reconstruction de l'église après les guerres de religions.

1750: réaménagement du chœur et construction de la sacristie.

1902: souscription pour l'achat et la pose du carrelage dans le chœur, les chapelle et l'allée centrale.

1923: souscription pour la pose d'une croix dans le carré ou sont enterrées les personnes décédées de mort non naturelles.

1926: création du vitrail St Jean Baptiste.

1958: souscription pour refaire le crépi intérieur.

1990: réfections des murs extérieurs et du toit quelques temps avant, par la mairie.

Jusqu'à la révolution, l'église servait de lieu de culte bien sur mais aussi de maison commune. Les réunions de la communauté des "vésis", se tenaient à l'intérieur tout comme les réunions électorales… Des veillées y étaient aussi régulièrement organisées pour permettre aux gens du village de se rencontrer..; Toutefois en 1543 ces veillées furent interdites par un édit du roi de Navarre Henri II (père d'Henri IV) parce qu'il s'y commettait des "meurtres, battements, vols, sacrilèges, violences, rapt de filles, défloraison de vierges, adultères, actes de paillardise et plusieurs autres exécrables délits"… Qui se croirait 450 ans en arrière!!!

Jusqu'à la loi de séparation de l'Église et de l'état en 1905, l'église était administrée par la "fabrique", composée du curé plus 6 marguilliers élus renouvelés par deux tous les deux ans.

Elle établissait et gérait un budget spécial destiné à satisfaire au bon fonctionnement du culte à l'entretien de l'église et du presbytère.

Les marguilliers présidaient les cérémonies, réglaient les processions, assuraient le maintien de l'ordre. La fabrique a été dissoute le 2/12/1906 en application de la loi de séparation du 9/12/1905. Tout ce qui existait avant cette date est devenu propriété de la commune qui s'engageait à laisser tous ces biens à la disposition des fidèles.

Cette passation de pouvoir a provoqué de nombreux heurts et tensions dans le village comme en témoignent les divers compte-rendu de séance de la fabrique. Les deux dernières ont été particulièrement houleuses. Tout l'argent en caisse a été distribué aux pauvres ou à des œuvres. Les signataires étaient : CASABOUNET (prieur) - OROGNENT (sous-prieur) - BELLOCQ (porte-croix) - BORDELONGUE (trésorier) - VIGNES - TALOU (conseillers) - LICQUET (curé).

Voilà résumé 700 ans de l'histoire de notre église. Elle est l'horizon de notre enfance, l'empreinte de nos souvenirs, le centre et le cœur du village. Qu'elle reste encore longtemps l'image concrète du bonheur, d'un lieu où on se sent bien ou on se sent tout simplement chez soi.

 
Son Architecture La Chapelle Ste Hélène